Aristide Gagnon, l'infatigable chercheur

Aristide Gagnon célèbre cette année 60 ans de pratique artistique passionnée et soutenue. Si sa peinture fut primée et prisée dès sa sortie de l'École des beaux-arts, ce sont ses explorations et sa maîtrise exceptionnelle du bronze qui ont fait sa renommée.
 
Ses sphères soigneusement dessinées, puis coulées dans son immense atelier du quartier Saint-Roch se déploient en d'infinies variations, auxquelles se juxtaposent aussi des cloches et des demi-sphères suspendues. Les titres sont évocateurs: Sphère du lyrismeSphère des fleursSphère Le Petit Prince... La disposition des sphères et des cloches, qui se chapeautent pour constituer un intéressant système solaire poétique, dans la Maison Hamel-Bruneau, reproduit à l'identique celle de l'atelier. Une vue de celui-ci est d'ailleurs reproduite dans la première salle de l'exposition. On sent que le monde artistique d'Aristide Gagnon naît dans son atelier, en flux continu. 
 
Il a laissé sa trace un peu partout à Québec, non seulement dans les galeries et au Musée national des beaux-arts du Québec, mais aussi dans les places publiques. «J'ai fait tous les vitraux de l'oratoire Saint-Joseph, j'ai participé à ceux de Saint-Sacrement et j'ai fait les grandes verrières du cocktail lounge du Reine Elizabeth. Comme j'étais très coloriste, ça a été facile pour moi d'apprendre le métier de verrier», indique l'artiste qui n'a jamais cessé d'explorer les matériaux et les techniques. «Peut-être que la transparence de mes tableaux vient un peu de là.»
 
De l'abstrait au figuratif
 
Jean Soucy et Jean Paul Lemieux lui ont enseigné à la fin des années 40. «J'étais influencé par les impressionnistes. J'ai vécu plus de 30 ans en même temps que Picasso. Renoir vivait encore... tout ce monde-là m'influençait pas mal plus que les automatistes», indique le peintre, qui a navigué entre l'abstrait et le figuratif sans contrainte.
En 1958, Aristide Gagnon a remporté le premier prix du Concours national du Québec avec la toile Paysage dans les Laurentides. Il fût représenté par le galeriste Gérard Zannetin, installé dans la côte de la Montagne, pendant de nombreuses années. 
 
Une portion de l'exposition est consacrée aux toiles et aux dessins de femmes. Comédiennes et danseuses imaginaires semblent flotter dans les arabesques de couleurs atténuées. Les toiles abstraites, grattées et épongées dans un joyeux travail acharné et intuitif entourent la pièce où sont exposées les cloches. «M. Gagnon n'utilise que des ingrédients de cuisine, du sel, du vinaigre et de l'ammoniac, pour faire les patines de ses sculptures», indique la commissaire Caroline Houde.
 
Dès les années 70, il a commencé à couler de petites pièces en étain. Il se met à utiliser une fonderie du quartier Saint-Roch. Lorsqu'il apprend son déménagement imminent, il décide d'acheter le bâtiment de trois étages et d'en faire son lieu de création. «Gérard Bélanger [qui ouvrira en 1987 la Fonderie d'art d'Inverness] venait me voir. Je lui ai dit que je ne ferais pas ses pièces, mais que je pouvais lui apprendre», raconte M. Gagnon. 
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